September 27, 2021

Les médecins formés à l’étranger font partie de la solution dans le système de santé canadien post-Covid-19 — Enjeux mondiaux

Dr Shafi Bhuiyan avec des collègues. Lui et ses collègues soutiennent que COVID-19 a révélé des lacunes dans le système de santé canadien.
  • Avis par Shafi Bhuiyan et l’équipe d’ITMD
  • Service Inter Presse

La pandémie de Covid-19 a révélé cette inégalité systémique et les lacunes du système de santé canadien.

Bien que les arriérés chirurgicaux et les rendez-vous retardés puissent être des caractéristiques importantes de la crise des soins de santé, les impacts indirects de Covid-19 doivent être pris en compte. Il s’agit notamment de l’arrêt des programmes de prévention, tels que le dépistage du cancer, la détérioration de la santé des Autochtones et des personnes âgées et des personnes atteintes de maladies chroniques, ainsi que l’aggravation de la santé mentale des travailleurs de la santé, pour n’en nommer que quelques-uns.

Le Canada possède déjà un nombre important de médecins formés à l’étranger (MDTI) instruits, qualifiés et expérimentés qui peuvent aider à combler les lacunes du système de santé. Par exemple, Immigration Refugee Citizenship a signalé que plus de 5 000 médecins sont venus au Canada entre 2015 et 2021, et ce nombre n’inclut pas les ITMD qui ont immigré par une méthode différente.

De nombreux ITMD possèdent une diversité culturelle, des compétences linguistiques et des talents interculturels en matière de soins aux patients indispensables. Ceux-ci peuvent être utilisés dans le secteur des soins de longue durée, pour la prévention des maladies chroniques et avec les peuples autochtones et les groupes ethniques et raciaux, en particulier ceux qui résident dans les régions éloignées et rurales du pays. Bien que 20 % de la population canadienne vive dans des régions rurales, seulement 8 % des médecins travaillent dans ces régions. De nombreux ITMD sont bien adaptés pour fournir des soins de santé de qualité à certaines de ces communautés.

Le plan d’accueil annuel du Canada en matière d’immigration prévoit d’accueillir plus de 400 000 immigrants par année en 2021-2023, conformément au plan national de croissance démographique. D’après les tendances des données d’Immigration, Réfugiés, Citoyenneté Canada (IRCC), cela comprendra probablement au moins 900 à 1 000 médecins chaque année. Le besoin de diversité parmi les médecins continuera d’augmenter pour fournir des soins de qualité et adaptés à la culture à tous les Canadiens. Les ITMD peuvent fournir des soins adaptés à la culture et des compétences linguistiques en demande à la population de plus en plus diversifiée du Canada.

Bien que les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CCRT) aient été créés en 2014, la plupart des appels en matière de soins de santé n’ont pas encore été traités. Les ITMD peuvent aider à combler les lacunes de longue date de l’accès de ces communautés à des soins de santé équitables et pourraient contribuer à rétablir la confiance dans le système de santé.

La sous-utilisation de l’éducation et des qualifications des immigrants coûterait au Canada 3 milliards de dollars par année. Soutenir l’intégration de professionnels de la santé formés à l’étranger dans le système de santé profiterait au système de santé du Canada et aurait un impact positif sur l’économie.

L’intégration des professionnels de la santé / ITMD formés à l’étranger dans le système de santé nécessite une stratégie nationale avec une approche multipartite axée sur des solutions évolutives. Cette stratégie nécessite l’engagement des décideurs gouvernementaux, des organismes de réglementation, des employeurs, des entités d’enseignement et de formation, des agences de prestation de services et des ITMD eux-mêmes.

Une fois que les ITMD ont prouvé leur expertise, ils ont toujours besoin d’un programme de transition pour intégrer leurs compétences et leur expertise dans la main-d’œuvre de la santé. Une enquête récente menée auprès d’ITMD sélectionnés qui avaient participé à un programme de transition de carrière a montré qu’un tiers avaient réussi leurs examens de licence. Ces examens évaluent les connaissances et les compétences cliniques du candidat pour s’assurer qu’elles sont comparables à celles des diplômés canadiens en médecine. Malgré cette réalisation, un autre obstacle demeure, pour obtenir le permis d’exercice. Il s’agit du programme de résidence, qui varie de 3 à 5 ans selon le domaine de spécialité.

Le processus de demande de résidence est compliqué, mais pour le décrire simplement, les étudiants en médecine postulent – via le Service canadien de jumelage des résidents, ou CaRMS – pour des postes de résidence dans des universités à travers le pays dans une ou plusieurs spécialités de leur choix. Non seulement le nombre total de places de résidence est limité, mais le nombre de places réservées aux diplômés en médecine formés à l’étranger par rapport aux diplômés en médecine canadiens est plafonné. Les emplacements disponibles pour les ITMD sont considérablement plus petits.

Avec les résultats du jumelage de résidence de 2021, les données illustrent clairement l’iniquité, c’est-à-dire qu’un total de 2 852 diplômés en médecine canadiens ont été jumelés. D’autre part, 410 médecins formés à l’étranger ont été jumelés à des postes de résidence. Plus de 90 % des ITMD qui ont réussi leurs examens de qualification ne peuvent pas obtenir de résidence en raison de leur nombre limité et de la répartition inéquitable des créneaux de résidence.

Une solution immédiate consiste à développer et à offrir des programmes de transition, y compris une formation en classe et des stages pratiques, pour soutenir l’emploi des ITMD dans un travail correspondant à leurs compétences, leur formation et leur expérience, comme assistant clinique, associé de recherche et gestionnaire de soins de santé. L’intégration des ITMD dans le système de santé en tant que médecins agréés peut être davantage réalisée via des évaluations de préparation à la pratique, des opportunités de résidence accrues et une éducation et une formation postdoctorales en santé publique accrues.

L’élaboration d’une feuille de route claire facilitera l’intégration des ITMD dans le système de santé canadien et favorisera la diversité et l’équité dans la recherche en santé, la gestion et les soins aux patients. Il y a une crise sanitaire mondiale. Si nous ne pouvons pas sauver une vie malgré un immense bassin de médecins formés à l’étranger prêts à servir à tout moment, nous négligeons des ressources humaines inexploitées au détriment de notre santé.

L’inclusion des ITMD dans le système de santé profitera au système de santé, aux patients et à la communauté et aura un impact positif sur la société en réduisant les temps d’attente et en assurant une meilleure qualité de vie.

Les ITMD sont là, prêts, disposés et qualifiés à servir les Canadiens alors que nous travaillons ensemble pour renforcer notre système de santé. Il n’y a pas de meilleur moment que MAINTENANT ! Travaillons ensemble pour rendre les soins de santé plus disponibles et accessibles à tous les Canadiens afin que personne ne soit laissé pour compte.

Les auteurs sont originaires d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Amérique du Sud.

Les co-auteurs sont les Drs Bhuiyan S, Orin M, Krivova A, Fathima S, Walters J, Uzonwanne G, McGuire M, Mohammad A, Alamgir AKM, Radwan E, Tasnim N, Tazrin T, Parungao J, Saad W, Shalaby Y .


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